Science et croyances : belles, humbles et respectueuses

J’apprécie et admire la Science, j’adore voir la belle mécanique de la logique et des démonstrations mathématiques. J’aime suivre la recherche de ce qui n’a pas encore été observé.  J’apprécie la beauté des modèles théoriques d’aujourd’hui et j’attends ceux de demain. J’admire ceux qui par la science apporte une aide aux êtres qui en ont le plus besoin.

Ce n’est pas pour autant que je considère la science comme « la diseuse de vérité absolu ». Je pense qu’elle donne des vérités « scientifiques » et selon moi cela laisse la place à d’autres visions du monde. On peut considérer d’autres type de vérités, d’autres réalités, et qui ne sont pas nécessairement incompatibles avec la science.

Statue de Goethe au Tiergarten de Fritz Schaper (érigée en 1880 ) (author image : Jörg Zägel licence CC BY-SA 3.0)
Statue de Goethe au Tiergarten de Fritz Schaper (érigée en 1880 ) (author image : Jörg Zägel licence CC BY-SA 3.0)

Faire attention aux mots et aux risques de la généralisations

On entend souvent « c’est scientifique », « une étude scientifique a montré que… « , « la science prouve que … ». Ces expressions sont souvent utilisées pour affirmer l’ irréfutabilité de la vérité annoncée ensuite. Toutefois , est-ce que l’on comprend bien de quoi on parle lorsque l’on dit « Science » ? Le mot science vient du latin « scientia » qui signifie « connaissance ». On y inclut les savoirs rationnels acquis par l’étude suivant des méthodes rigoureuses.

Les études « scientifiques » n’annoncent que des faits mesurés et des conclusions démontrés dans des contextes précis avec des méthodes bien définies. Il faut faire attention à considérer les conclusions de ces études pour ce qu’elles sont. Les articles de ‘vulgarisation’ que l’on trouve dans les médias et qui se réfèrent à des études scientifique suggèrent trop souvent plus de généralisations que ce que l’étude avance réellement.

 

Goethe-memorial in Berlin, de Fritz Schaper. Vue partielle : Allégorie de la science. (auteur image : Manfred Brückels - licence CC BY-SA 3.0)
Goethe-memorial à Berlin, de Fritz Schaper. Vue partielle : Allégorie de la science. (auteur image : Manfred Brückels – licence CC BY-SA 3.0)

La science est elle la source de toute vérité ?

Je ne pense pas que la science pourrait prétendre délivrer une vérité absolue mais plutôt, une vision du monde, une façon de penser le monde, notamment par la rationalité des démonstrations.

Les scientifiques sont bien conscients que les vérités scientifiques du modèle standard actuel pourrait être remises en cause, elles ne sont que temporaires , dans l’attente de meilleures théories. Notamment la science ne possède pas encore la théorie du tout, qui devra regrouper sans paradoxes les théories permettant de vérifier tout ce qui est observable. Même si on trouvait une théorie du tout,  elle pourrait être remise en cause dès que l’on observerait un phénomène inexplicable par celle-ci.

Mon propos est qu’il ne faudrait pas penser que le monde ne peut être vu que de manière rationnelle, soyons donc un peu plus tolérant avec les autres visions, vers les croyances plus irrationnelles. D’ailleurs de nombreux scientifiques ont des croyances irrationnelles, et vivent très bien avec ces paradoxes. En fait, un paradoxe ne devient un problème que si on l’observe de manière scientifique, rationnel.

Alors lorsque l’on nous présente une « vérité scientifique » qui ne correspond pas forcément à nos croyances, ne nous sentons pas offusqués.  Nous sommes libres de remettre en cause nos croyances, la science ne peut pas nous y obliger, elle nous donne juste des résultats dans son propre domaine.

 

Goethe-memorial à Berlin, de Fritz Schaper. Vue partielle : Allégorie de l'art lyrique (et amour). (auteur image : Manfred Brückels - licence CC BY-SA 3.0)
Goethe-memorial à Berlin, de Fritz Schaper. Vue partielle : Allégorie de l’art lyrique (et amour). (auteur image : Manfred Brückels – licence CC BY-SA 3.0)

Spiritualité et science : deux façons de voir le monde, mais ce n’est pas grave

La spiritualité est généralement peu liée à la science, elle se base sur des croyances. La preuve scientifique n’est pas nécessaire ici. Dans les siècles passés, il y a eu des débats sur la preuve de l’existence de Dieu. Je pense que si l’on cherche une preuve « scientifique » de l’existence ou de la non-existence de Dieu, il faudrait commencer par avoir une définition rationnelle de Dieu. Or ce n’est pas le cas, par exemple, Dieu est parfois décrit comme omniscient, connaissant tout et son contraire. Il connaît donc « l’existence » et la « non-existence », c’est un paradoxe qui exclut l’étude de Dieu par la science.

On pourrait alors essayer d’étudier des entités décrites a priori de manière plus compatible avec la science, moins paradoxales dans leur définitions, tel que les esprits dans le spiritisme.  Toutefois ce n’est pas nécessaire, car encore une fois la croyance est la propre preuve « spirituelle » de leur existences. Chez les catholiques par exemple, l’existence de Dieu est prouvée par les paroles de Jésus, et les discours du pape. La preuve est valide car il ne s’agit pas d’une preuve scientifique, mais bien d’une preuve « spirituelle » dans la logique du croyant qui la considère. Dans le spiritisme, l’existence des esprits est prouvée par les médium qui reçoivent des messages de ceux-ci. Encore une fois c’est une question de logique de croyances, différente de la logique scientifique.

 

Goethe-memorial à Berlin, de Fritz Schaper. Vue partielle : Allegorie de l'art Dramatique. (auteur image : Manfred Brückels - licence CC BY-SA 3.0)
Goethe-memorial à Berlin, de Fritz Schaper. Vue partielle : Allégorie de l’art Dramatique. (auteur image : Manfred Brückels – licence CC BY-SA 3.0)

Humilité et sérénité face à la multitude des visions possibles

Autant je ne crois pas que la Science puisse prétendre apporter une vérité absolu, autant je pense qu’aucune discipline puisse le faire. Considérer diverses façons de penser le monde peut être instructifs, inspirant et peut même aider à développer les autres façons de voir le monde. Soyons donc humbles. N’essayons pas d’imposer un point de vue comme ‘une vérité absolu’ . Soyons sereins face à la diversité des modes de penser. L’humain n’est pas toujours rationnel, il n’est donc pas toujours convaincu par des arguments de science.

La science peut être l’argument de la rationalité, mais il ne faudrait pas utiliser la science comme une arme de destruction de croyance, cela me paraît trop violent. Je ne veux pas convaincre qui que ce soit qu’il a tort sur telles ou telles questions, car la notion de vérité est selon moi relative à chacun. Si parfois j’utilise l’argument de la science, en citant des références scientifiques, ce n’est pas pour convaincre ou lutter contre des idées. C’est plutôt pour proposer une façon de voir, une vision des choses à travers la rationalité.

 

Le paradoxe est OK

A partir du moment que l’on a conscience qu’il y a plusieurs visions possibles, il n’y a pas de problèmes à vivre avec diverses croyances en parallèles.  Après un exposé de faits scientifiques, chacun est libre de reconsidérer ses croyances. Il est aussi possible d’accepter ces faits comme faisant simplement parties de la vision de la science.

Les énoncés de la science forment l’une de mes croyances, ce n’est pas nécessairement ma seule croyance.


Des liens complémentaires :

sur wikipedia :

La science 

Le modèle standard

La théorie du tout 

Johann Wolfgang von Goethe

et :

 JUIGNET Patrick, Science, opinion, croyance et idéologie. Philosophie, science et société [en ligne]. 2016

 

 

One thought on “Science et croyances : belles, humbles et respectueuses

  1. Eh bien, je dirais même que chaque chercheur(se) est un homme ou une femme de foi. Car il dédit toute sa vie à étudier, vérifier, comparer des résultats pour trouver (peut-être) la prochaine piste. Le scientifique, selon moi, fait preuve de résignation et de foi.

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